les yeux piquaient et le vent déjà chaud brûlait ; le Khamsin s’est mis à souffler, qui charrie du sable et de la poussière. Il arrive avec un petit mois d’avance, tout comme la mousson en extrême orient lorsque nous y étions. Par conséquent, pour la première fois dans ce port, le Mistral a eu recours à un remorqueur et un pilote pour appareiller. Et contrairement à l’habitude prise depuis quelques mois, le nombre des spectateurs sur le pont avait bien diminué. Il faut dire que nous sommes à présent en petit comité. Peu de temps après avoir retrouvé des eaux libres, le pont d’envol s’est animé. L’Alouette a tout d’abord décollé pour investiguer les mobiles éventuels sur notre trajet, bientôt suivie par les deux Gazelle partant vers la terre pour un vol tactique. Un peu plus tard, un nouveau venu s’est posé. Il s’agit du Panther du Surcouf qui venait préparer avec nous la mission d’escorte dans le détroit de Bab el Mandeb qui ferme le sud de la mer Rouge. Autant vous dire que le personnel de pont d’envol était fier de compter quatre machines sur le pont pendant la pause méridienne. Pendant ce temps, le BPC avançait vers le Nord Est afin de retrouver la frégate pour une prise de formation. Nous avons ainsi navigué de conserve à travers le détroit, sans véritablement profiter du paysage compte tenu du sable en suspension dans l’air. Peu avant le coucher du soleil, les deux bâtiments se sont rassemblés pour une photo souvenir. Nous nous sommes quittés après le dîner pour permettre au Surcouf de poursuivre sa mission. Dans la soirée, l’équipage a pu suivre l’allocution du président de la République sur le réseau télévisé et radio du bord. Les conversations s’en font l’écho ce soir alors que r nous filons vers le Nord entre l’Erythrée et le Yemen, après avoir doublé les îles Anish.