Présentation du BPC Mistral
Par Webmaster, jeudi 5 avril 2007 à 08:17 - Catégorie : Présentation du BPC
Ce billet vous présente le BPC Mistral de A à Z
1. CADRE DE L’ACTION
Dans un environnement international caractérisé par l’incertitude, il n’est guère possible de prévoir les zones d’engagement, la nature des menaces et la forme des opérations militaires futures. Dans ce contexte, la polyvalence des moyens devient primordiale.L’examen des différentes hypothèses d’emploi de nos forces montre qu’il leur faudra, dans la très grande majorité des cas, agir loin de nos frontières, dans des situations politiques et militaires complexes, dans un cadre national mais aussi au sein d’une alliance.
Les bâtiments de projection et de commandement (BPC) de la classe Mistral ont été conçus pour répondre au mieux à ces exigences opérationnelles. Leurs capacités renforcent notablement les moyens français et européens dans les domaines de la projection de forces et du commandement interarmées et interalliés à la mer. Ils crédibilisent la capacité de la France à agir loin et à diriger un théâtre d’opérations multinationales.
2. MISSIONS.
L’importance croissante prise par l’aéromobilité dans les opérations et la recherche d’une complémentarité avec les moyens existants, les TCD Foudre et Siroco, ont conduit l’état-major de la marine à s’orienter vers des bâtiments amphibies d’un type nouveau dont la capacité de porte-hélicoptères est privilégiée et renforcée.L’objectif premier de la marine est le renouvellement et le renforcement de ses capacités de projection et de commandement en intégrant l’impératif d’interopérabilité alliée.
Le bâtiment de projection et de commandement est en effet appelé à constituer la pièce maîtresse de plusieurs types d’opérations :
- les opérations aéromobiles ;
- les opérations amphibies ;
- les missions de gestion des crises ;
- le commandement d’opérations ;
- le transport opérationnel et le transport de fret ;
- le soutien santé.
3. CARACTERISTIQUES GENERALES.
3.1. Présentation
Le BPC est majoritairement construit aux normes civiles. Il répond aux normes antipollution internationales MARPOL et aux normes de sécurité maritime SOLAS. Sa classification est validée par le bureau VERITAS. Ce navire très innovant est d’une extrême polyvalence. Les capacités multiples du BPC sont alliées à une grande automatisation des systèmes qui permet la conduite du bâtiment par un équipage réduit. Son habitabilité, conçue en collaboration avec l’armée de terre, permet le maintien organisationnel des régiments embarqués tout en leur fournissant les moyens de durer à la mer.
3.2. Caractéristiques principales
- Longueur : 200 m
- Largeur : 32 m
- Déplacement en pleine charge : 21 300 tonnes
- Vitesse maximale : 20 nœuds
- Tirant d’eau : 6,20 m (6,70 m maximum)
- Autonomie : 11 000 nautiques à 15 nœuds, 30 jours de vivres avec ses passagers (610 personnes à bord)
- Armement : canons de 30 mm, missiles AA Mistral et mitrailleuses de 12,7 mm
- Equipage : le plan d’armement prévoit un effectif de 160 personnes : 15 officiers, 145 officiers mariniers, quartiers-maîtres et matelots.
- des zones de stockage et de maintenance pour chars, véhicules et hélicoptères accrues par rapport aux TCD ;
- des capacités aéronautiques privilégiées permettant la mise en œuvre simultanée de six hélicoptères ;
- un radier réduit par rapport aux TCD mais apte à la mise en œuvre de chalands américains de type LCAC.
4. PROPULSION
4.1. Présentation
Le BPC est un navire tout électrique (NTE). L’électricité, fournie par trois puissants diesels alternateurs principaux, 6,6 KV – 60 Hz, permet l’alimentation électrique du bord ainsi que celle des pods de propulsion.Les pods sont des moteurs électriques situés sous la coque et orientables sur 360°. Cette capacité confère aux pods, en plus de leur rôle propulsif, un rôle directionnel. Ils remplacent avantageusement le traditionnel gouvernail en offrant une manoeuvrabilité inédite au Mistral pour un bâtiment de son gabarit.
4.2. Caractéristiques de la propulsion
- 3 diesels alternateurs principaux Wartsila VASA 32 V16 : 6,2 MW
- 1 diesel alternateur auxiliaire Wartsila VASA 200 V12 : 3,2 MW
- 1 diesel alternateur secours Cummins V18 : 750 KW
- Moteurs : 2 pods ALSTOM/KAMEVA de 7 MW, soit 2 x 10 000 CV ou 2 x 150 t de poussée
- Hélices : 2 hélices à pales fixes
- Propulseur d’étrave : 1 propulseur d’étrave de 1,2 MW, soit 1 600 CV ou 17 t de poussée.
5. NAVIGATION
Le système de navigation du BPC fait partie intégrante de son système de combat. Il fournit à la passerelle toutes les informations de position, de cinématique et d’attitude du bâtiment, nécessaires à la mise en œuvre des hélicoptères et des moyens amphibies. Il repose sur un dispositif de navigation inertielle composé de deux centrales gyrolaser SAGEM, ainsi que de deux systèmes de radio-navigation GPS. Cette redondance des équipements permet de conserver toutes les informations nécessaires à la navigation en cas d’avarie.Le Système d’Exploitation Naval des Informations Nautiques (SENIN) permet une visualisation sur carte électronique de la position du bâtiment. Amené à remplacer l’ensemble des cartes papiers, il facilite grandement la préparation et le suivi de la navigation, ainsi que la mise à jour des informations nautiques.
Bénéficiant des technologies les plus modernes, la conception de la passerelle permet de réduire le nombre de personnes nécessaires à la conduite du bâtiment. La conduite de la propulsion est directement assurée depuis la passerelle. Elle peut être automatisée grâce au système de positionnement dynamique, qui manœuvre les pods et le propulseur d’étrave afin de suivre des trajectoires pré-définies.
6. SECURITE
6.1. Protection incendie
La protection contre les incendies des BPC s’appuie sur une architecture cloisonnée, capable de limiter l’extension du sinistre. Les cloisons et les portes étanches sont définies de manière à ce que le sinistre soit confiné et laisse les voies de circulation saines. Les escaliers possèdent un système de surpression qui les préserve des fumées.
La protection et la lutte contre les incendies s’appuient aussi sur une centralisation des informations de détection et une automatisation des moyens de lutte (système de projection d’eau pulvérisée Hi-Fog). Ce système de première intervention est doublé par des systèmes plus classique anti-incendie tel que :
- un système à l’eau de mer (collecteur incendie pont 6 et 10 vannes de sectionnements, 8 bars) ;
- un système à l’eau dopée (pont 6, 8 vannes de sectionnement).
- extinction CO2 ;
- mousse sous parquet.
6.2. Protection contre les voies d’eau.
Le bâtiment est divisé longitudinalement en 13 compartiments étanches permettant de lutter contre l’envahissement par l’eau et de respecter les critères de stabilité après avarie. Le compartimentage est assuré par 13 cloisons principales étanches montant jusqu’au pont 2. L’assèchement est assuré par un collecteur principal, relié à une pompe et deux éducteurs, qui dessert la quasi-totalité des fonds. Trois collecteurs secondaires indépendants sont reliés chacun à un éducteur.6.3. Dispositif de sauvetage.
Evacuation du navire
L’évacuation du personnel est assurée par deux toboggans d’évacuation permettant l’évacuation de 100 personnes toutes les 3 minutes. Les premiers radeaux, dits « radeaux mères », se gonflent automatiquement. Les radeaux de sauvetage accueillent 100 passagers et comportent tout le nécessaire de survie.Sauvetage d’un homme à la mer
Chacun des deux bords possède une embarcation de secours (EDS) préchauffée en permanence et montée sur un berceau de mise à l’eau rapide. Ce dispositif permet une intervention extrêmement rapide au profit d’un homme tombé à la mer.7. INSTALLATIONS ET CAPACITES AERONAUTIQUES
Le hangar aéronautique (1 800 m2) et le pont d’envol (5 200 m2) autorisent l’embarquement de 16 hélicoptères lourds de type NH90 ou Tigre. Le pont d’envol dispose de six spots dont le n° 1 est conçu pour recevoir des engins jusqu’à 33 tonnes de type Super Stallion ou V-22 Osprey.
Il est desservi par deux plate-formes élévatrices (CMU de 13 tonnes) permettant d’optimiser les flux vers les hangars.
Une zone de maintenance aéronautique équipée d’un pont roulant, divers ateliers et magasins aéronautiques autorise l’entretien complet des hélicoptères embarqués. Les installations d’avitaillement en TR5 permettent d’effectuer des pleins ou reprises sur 4 hélicoptères simultanément sur le pont d’envol ou de mener cette opération à l’intérieur du hangar.
8. CAPACITES D’EMBARQUEMENT
8.1. Blindés et véhicules d’infanterie
Le BPC Mistral permet le stockage de tous les types d’engins équipant l’armée de terre française (du P4 au Leclerc). Le nombre de blindés parqués varie évidemment avec la composition de la force embarquée.Les hangars véhicules inférieur et supérieur totalisent 2 650 m2 de stockage. Leurs dimensions et leurs équipements (ponts roulants, monte-munitions) facilitent la maintenance des engins embarqués et leur approvisionnement en munitions.
8.2. Munitions
Les 9 soutes à munitions du BPC offrent un volume suffisant pour répondre aux besoins des forces embarquées. L’une d’entre-elles, située sur le pont d’envol, permet le stockage des munitions parées pour les hélicoptères de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre. Les soutes permettent un stockage différencié des munitions selon leur type. Elles sont approvisionnées lors de l’embarquement des troupes par un flux séparé de ces dernières. L’embarquement, la préparation et la répartition des munitions sont ainsi organisés en vue d’un gain de temps et de sécurité maximum. Une salle de préparation des munitions, située à proximité des soutes, permet aux armuriers du bord et de l’armée de terre de préparer les munitions nécessaires aux opérations dans des conditions de sécurité proches de celles d’une pyrotechnie.8.3. Infanterie
Les locaux vie du BPC permettent l’hébergement de 450 fantassins. Leur disposition à bord autorise le maintien organisationnel des compagnies et sections de combat. En outre, une salle de sport de 110 m2 permet aux troupes embarquées de conserver une condition physique optimale.
8.4. PC de commandement
Le BPC dispose de 800 m2 de locaux, des réseaux informatiques et des équipements d’aide au commandement nécessaires à un état-major moderne. Cette capacité d’embarquement de PC de commandement interarmées ou interalliés permet de positionner ce dernier à quelques nautiques d’une côte, au plus proche du théâtre d’opérations.Dans le cadre du concept de nation cadre au sein de l’OTAN, la France dispose, grâce au BPC, d’une capacité d’embarquement d’un commandement de force maritime (MCC) de deux types :
- PC NOE (Niveau Opératif Embarqué) : permet le commandement, depuis la mer, d’une force interarmées, nationale ou multinationale, d’ampleur limitée ;
- PC ATF/LF (amphibious task force/landing force) : permet le commandement d’une opération amphibie avec un état-major embarqué de 50 à 100 personnes.
8.5. Amphibie
Ballastage
L’installation ballastage est constituée de deux zones :- Zone avant : 8 ballasts et deux électropompes de 1 000 m3/h ;
- Zone arrière : 14 ballasts et deux électropompes de 5 000 m3/h.
Radier
Bien que de dimensions inférieures à celui des TCD type Foudre, le radier du BPC (885 m2) possède une importante capacité amphibie. Pouvant accueillir 380 tonnes, il est apte à la mise en œuvre de quatre chalands classiques type CTM (24 mètres) mais aussi de deux hydroglisseurs type LCAC (95 t).
Cette batellerie permet le débarquement des engins et troupes embarquées en deux heures.
La porte arrière du radier permet l’embarquement de véhicules jusqu’à 60 tonnes lorsqu’elle est en appui sur le quai et 32 tonnes dans le cas contraire.
PC ATF/LF
Les opérations amphibies sont commandées depuis le PC ATF/LF avec un état-major embarqué de 50 à 100 personnes.9. SYSTEME DE COMBAT
Le système de combat du BPC est dimensionné pour s’intégrer dans une force multinationale et répondre à des missions tactiques ou de commandement de force.
Pourvu des dernières évolutions technologiques, celui-ci s’articule autour du Système de Direction des Opérations (SDO). Ce dernier assure :
- la capacité de veille multi-senseurs (radar 3D, radars de navigation et d’appontage, IFF, veille IR) pour la détection des navires et aéronefs ;
- la fédération des systèmes d’information et de planification (GESHELO, ACOM) ;
- la rediffusion des informations au sein de la force (liaisons 11 et prochainement 16), pour une intégration dans un dispositif de force maritime multinationale ;
- la capacité de contrôle des hélicoptères et les engins amphibies pour la gestion tactique d’une mission de projection.
10. AUTODEFENSE
Le BPC assure son autodéfense grâce à deux affûts Simbad, deux canons de 30 mm Breda et quatre mitrailleuses de 12,7 mm. Les affûts Simbad portent chacun deux missiles anti-aériens de courte portée Mistral. Les canons de 30 mm, associés à des conduites de tir infra-rouge Vigy, permettent de traiter les cibles aériennes et de surface. Les mitrailleuses de 12,7 mm, grâce à leur rapidité et leur simplicité de mise en œuvre, sont utilisées pour faire face à une menace terroriste du type vedette ou aéronef suicide.
11. HOPITAL MEDICO-CHIRURGICAL EMBARQUE (HMCE)
Le plateau technique des installations hospitalières (900 m2) est comparable à celui d’une ville de 25 000 habitants. Cet hôpital est par conséquent dimensionné pour conduire des missions sanitaires de grande envergure :- soutien santé d’une opération amphibie ;
- soutien santé d’une force navale à la mer ;
- soutien santé d’une opération humanitaire ou évacuation de ressortissants.
L’hôpital du BPC possède des capacités de télé-médecine permettant de transférer au bord les informations relatives aux blessés au sein de la force afin de faciliter leur prise en charge à leur arrivée sur le bâtiment.
Ce système peut être aussi utilisé en télé-assistance chirurgicale. Par son biais, un chirurgien senior de la spécialité non détenue par le chirurgien opérant apporte une aide opératoire en direct. Enfin, la télé-médecine sert aussi au transfert pour interprétation d’images radiologiques (scanner).
Le HMCE en chiffres :
- 900 m² de superficie ;
- 21 lits médicalisés + 48 lits médicalisables ;
- 2 blocs opératoires ;
- 1 salle de tri et de déchocage ;
- 1 salle de télé-médecine ;
- 1 cabinet dentaire ;
- 1 salle de radiologie avec capacité scanner ;
- 1 laboratoire de biologie ;
- 1 salle de soins pour grands brûlés ;
- 1 morgue ;
- 1 buanderie médicale ;
- 1 local de traitement des déchets d’activité de soins à risque infectieux.
12. SYSTEME DE COMMUNICATION
12.1. Transmissions extérieures
Destiné à assurer le commandement tactique au sein d’une force aéronavale nationale, interarmées ou interalliées, le BPC est équipé des transmissions extérieures permettant la transmission des ordres et informations nécessaires vers l’ensemble des composantes navales, terrestres et aériennes du théâtre d’opérations. En outre, ces transmissions permettent au chef d’état-major de la marine ou au chef d’état-major des armées de coordonner les opérations.Les capacités de télé-médecine de l’hôpital embarqué, de vidéo conférence de l’état-major, les sept postes internet, les quatre cabines téléphoniques et les quarante télévisions à disposition de l’équipage s’appuient sur ces liaisons innovantes et complexes.
Afin de répondre aux exigences d’un monde hypermédiatisé, le bâtiment dispose d’un local journalistes offrant à ces derniers les liaisons nécessaires avec leur rédaction.
Les différents moyens embarqués :
- Moyens de communication satellitaires : Syracuse II, Immarsat B Modem multiplexeur, Infra Fleetsatcom (USA) et VSAT ;
- Moyens HF : dix chaînes E/R communications longue distance ;
- Moyen LF : une chaîne de liaison LF pour soutien communication des sous-marins ;
- Communication au sein d’une force navale : installation d’une nouvelle génération d’appareils V/UHF (dont équipements Have Quick II) et augmentation du nombre d’émetteurs/récepteurs et de baies multicoupleurs ;
- Transmission VHF/guerre : remplacement des TRC 950 par des PR4G qui permettent d’établir quatre liaisons simultanées en mode FF ou EVF.
12.2. Transmissions internes
Les communications entre les services et au sein de ces derniers sont assurées par six systèmes à bord du BPC : Réseau Téléphones Auto-Générateurs (TAG) (4 réseaux distincts : conduite du navire, commandement, fortune, sécurité) ; Réseau Pont d’Envol Hangar (PEH) ; Interphones du bord (terminaux TOMA) ; Réseau TELEBRIEF ; Vidéoconférence interne (8 webcams) ; Réseau téléphonique (410 téléphones, 11 téléphones chiffrés, 8 fax dont 3 chiffrés) ; Réseau SYRTE (destiné à la communication des équipes incendie ainsi qu’aux communications du personnel n’étant pas en poste fixe).13. SOUTIEN DE L’HOMME
13.1. Installations vivres
Les installations vivres sont dimensionnées pour assurer la délivrance de repas à l’équipage et aux troupes embarquées (610 personnes). Le stockage des denrées alimentaires et leur préparation s’appuient sur des équipements ultra-modernes répondant aux normes d’hygiène les plus strictes (Hazard Analysis Critical Control Point - HACCP).La cuisine du bâtiment, entièrement inox, a été conçue pour répondre scrupuleusement au principe de la « marche en avant » dans la conception des plats. Les capacités de stockage sont combinées à un dispositif de manutention autorisant l’embarquement des vivres en grande quantité par un minimum de personnel.
13.2. Gestion des déchets
Le BPC a été conçu en tenant compte des nouvelles exigences de protection de l’environnement. Un incinérateur de grande capacité traite tous les déchets produits (hors déchets médicaux, eux-mêmes traités au niveau de l’hôpital).13.3. Capacités d’hébergement
Le logement de l’équipage, au sens global du terme, répond à un niveau de confort inédit dans la marine nationale. Les postes, au maximum de quatre personnes pour les quartiers-maîtres et matelots et six pour les hommes du rang, sont tous équipés de douches et toilettes intégrées.L’ergonomie et l’ameublement de ces postes ont été étudiés dans un souci constant de confort pour leurs occupants. Les zones passagers, prévues pour les troupes de l’Armée de Terre, disposent de bureaux et salles de détente nécessaires à la vie des compagnies embarquées. Elles permettent l’hébergement en condition optimale de 450 fantassins. Ces aménagements permettent de faire face aux missions de longue durée dans les meilleures conditions possibles.
Commentaires
1. Le mercredi 2 mai 2007 à 19:14, par br1150
2. Le dimanche 20 mai 2007 à 14:40, par jpp
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